Androide Detroit quantic dream
Quantic Dream

Detroit : Become Human

date du test avril 2020 | auteur Alex [ OWAG ]

1
joueur
13
par personne
Moyen
Niveau

Quel pourrait être votre rêve le plus fou ? Avez-vous à l’esprit l’un de ces désirs sourds et profonds, mais interdits ?Et si rien n’était plus important pour vous que de devenir humain ? Quantic Dream signe un excellent scénario interactif dans lequel vous incarnez des androïdes réalisant la profondeur de leurs émotions.

 

Vous voici en 2038 à Detroit : l’humanité maîtrise parfaitement la robotique et l’intelligence artificielle. Les robots androïdes sont parmi les Humains, répondant à leur moindre besoin : tâches ingrates, compagnie, missions nécessitant de la force… Ceci pourrait paraître normal, mais vous connaissez comme moi cette espèce mammifère, parfois elle dérape, et il est fort probable qu’en 2038 certains humains utilisent ces robots pour assouvir certains fantasmes sexuels ou pour calmer une montée de violence. Casser une assiette ou un androïde, quelle différence ?

L’effet papillo-bot

Quantic Dream utilise de nouveau une recette qui fonctionne assez bien. Ses personnages sont modélisés sur des comédiens bien célèbres : ici, dans Détroit, vous jouerez notamment avec la version 3D de Valorie Curry (Twilight), Bryan Dechart (True Blood), David Boreanaz (Angel) ah non pas celui-là. Quantic Dream excelle depuis 1990 dans la capture de mouvement : chaque sortie de jeu est l’occasion pour elle de montrer ses nouvelles améliorations. On ne s’en plaint pas !

Vos personnages prendront donc des décisions, dont vous êtes maître, qui auront un impact sur l’élaboration du scénario. Les jeux vidéos reposant sur des scénarios interactifs ont de toute évidence ma préférence bien que les gamers invétérés leur reproche de ne pas permettre aux joueurs d’agir véritablement. En ce qui me concerne, je viens du milieu du cinéma, alors les expériences reposant majoritairement sur des scénarios, même si les possibilités d’actions sont moindres, me plaisent à coup sûr.

Detroit pourrait avoir plus de 1000 combinaisons possibles : si certains choix n’auront pas véritablement d’impact quant à la conclusion finale, vous pourriez parfois voir certains de vos personnages mourir ou échouer, et ce, en plein cœur de votre jeu. Néanmoins aucun game over n’abrégera votre histoire. Le temps s’écoulera avec ou sans eux. A chaque fin de chapitre, Détroit vous propose de voir les embranchements que vous avez empruntés. C’est à ce moment là que vous prendrez conscience de l’importance de vos choix !

Après un premier run, vous pourrez revenir sur vos chapitres pour tester d’autres chemins de vie, surtout si comme nous, à la fin de votre run, vous regrettez amèrement certaines de vos décisions, car la fin n’était pas si heureuse que ça…

Androide et traceur

Proche du cinéma interactif

J’ai davantage considéré ce jeu comme un film sur lequel je pouvais avoir une influence et moins comme un jeu vidéo. La manette que vous tenez entre vos mains vous servira à pointer des décisions, des phrases à dire, mais vous permettra peu d’agir avec des actions concrètes.

De nombreuses actions sont littéralement dictées par le jeu. L’interface peut vous demander simplement de déplacer votre joystick pour faire asseoir votre personnage. Et c’est tout, vous obéissez finalement à cette dictée.

Ces instants-là m’ont paru aux fils des heures un vague prétexte pour nous inciter à toucher à cette manette. Pourtant, si on y réfléchit, ces actions en apparences inutiles, peuvent vous permettre de « réviser » les touches de votre Dual Shock ce qui sera salvateur à certains moments clé. Car heureusement, vous serez parfois plongé dans l’action et il faudra appuyer sur les bonnes touches, au bon moment, à un rythme effréné. Et si vous échouez (en appuyant sur L2 au lieu de R2 par exemple… oui sur Playstation je confonds ma Left et ma Right), vous risquez certainement de perdre une bataille, voire un personnage. Ces scènes d’actions sont les rares moments où vous allez vous sentir réellement dans un jeu vidéo.

Contrairement aux jeux vidéo classiques, durant lesquels vous apprendrez la fonction de chaque touche, par exemple X pour sauter, O pour actionner, etc. Ici, les touches ne sont pas associées à une action spécifique. Il vous faudra constamment être sur le qui-vive pour appuyer sur la bonne touche, imposée par le jeu. Vous serez ainsi toujours aussi mal à l’aise avec votre manette après 10 heures sur Détroit.

Des androïdes attendent

Un scénario classique mais prenant

Les ficelles de ce scénario sont assez évidentes, et le pitch de départ, une révolte Androïde, n’apporte rien de nouveau. Pour les amateurs de science-fiction comme moi (avec une passion pour Asimov), ce postula de départ me paraissait quand même très excitant. Et il est important de considérer qu’une histoire basique peut devenir extraordinaire selon le traitement dont elle fait l’objet. Et en ça, Detroit est évidemment une réussite puisque l’histoire aborde des sujets graves à travers ces robots : les préjugés raciaux et la violence conjugale sont au cœur du jeu.

Vous suivez donc les chemins de trois Androïdes, Connor, Kara et Markus et passerez aussi beaucoup de temps avec des rôles secondaires séduisants. Les premières heures de jeux ont été pour moi une véritable addiction et je voulais sans cesse découvrir la suite de l’histoire. Pourtant, au milieu du jeu, la lassitude me guettait, les rouages de Détroit étaient limpides, les aventures intermédiaires ressemblaient à des tableaux prétextes pour nous faire agir et semblait apporter peu de choses à la trame principale. Heureusement, l’intensité des derniers chapitres et l’approche du dénouement transforme de nouveau ce jeu en passion. Malgré les lenteurs de quelques chapitres, j’ai eu immédiatement envie de rejouer une nouvelle histoire à la fin de mon premier run … Après avoir versé 3 litres de larme sur ma Dual Shock. Sérieusement, passer des heures à tenter de survivre pour finir comme ça???? Où est le Ctrl + Z sur la manette ?

deux robots s'observent

Une étrange sensation

Dès le départ, je me suis évidemment sentie proche des Androïdes. Rien d’extraordinaire, le jeu vous emmène sur cette voie. Mais faire jouer un humain, dans la peau d’un robot, se sentant « humain » est particulier. Durant le jeu, on a envie de dire « mais oui, je le comprends cet Androïde ! Je n’ai pas envie qu’on me frappe !! » Oui, mais je suis humain… Est-ce qu’un androïde ressent exactement ça ? Comment se passe la transition « réponse programme » à « émotion »? #vertigeémotionnel

Hé il y a cette femme androïde qui vous accueille dans votre interface de menu. Elle est si parfaite ! Je parle de l’interface hein. Durant ces quelques secondes/minutes passées devant son menu, nous n’incarnons pas ces androïdes se libérant, mais nous sommes bien des Humains face à notre assistance de jeu androïde. Et cela a de l’importance. Vous verrez. Ce menu est excellent !

au jimmy bar jeu playstation

Détroit un véritable succès

Bref malgré ces problématiques existentielles (qui suis-je ? Un robot / humain ? Que vivent-ils ? Pourquoi ? Qui de l’œuf…), le jeu n’est pas compliqué à aborder, il est fluide, se joue facilement, le scénario est très accessible, ce qui fait de Détroit un jeu qui ne peut que fonctionner !

Sans surprise, les personnages Kara et Connor ont même eu droit à leur poupée de cire au Musée Grévin en 2019 dans un espace dédié de 75m². Pour certains joueurs, Detroit est le meilleur de la trilogie de Quantic Dream, qui a déjà réalisé Beyond Two Soul et Heavy Rain.

 

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